Francois Piquet, art contemporain, Guadeloupe

     
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  www.francoispiquet.com  
     
   
       
      Installations
     


Tout d'abord merci encore à tous ceux de Darboussier 2007.
Ca faisait longtemps que j'attendais un truc pareil ! L'origine.

Proposer une occupation, une sculpture du lieu, de préférence en produisant sur place, avec les moyens qui en découlent...
Quand vous voulez !

       
      Les Installations présentées
       
      An ba bwa la (Le Moule 2009 - aka Joelle Ferly)
       
      La Volière (Darboussier 2007)
       
      La Place du Boeuf (Darboussier 2007)
       
   
       
     
 
 
La cour nue et en cours d'installation
 
 
An ba bwa la

Kréyol Factory backyard

Installation, techniques mixtes, 340 x 270 x 210 cm
François Piquet, Guadeloupe, 2009

" Exposition d'art contemporain", Le Moule, Juin 2009, listé dans le "off" de Art Bemao.

 

Cette installation éphèmère créée in situ est tout simplement née d'une proposition scénographique - présenter une oeuvre dans une courette de 3x3m close par de hauts murs et visible uniquement d'une fenêtre située à l'étage supérieur.

J'ai d'abord pensé à jouer avec la position du spectateur sur le thème "Regarder l'art d'en haut" (*), mais pour cette première expo dans un nouveau lieu d'art contemporain à Moule, il m'a semblé important de ne pas tomber dans l'anecdote ou le trait d'esprit de "l'art pour l'art", et de remettre l'oeuvre à sa place : ancrée, sociale, révélatrice, interrogatrice, provocatrice, dense, risquée, et sincère.

Quelques mois après les 44 jours, "An ba bwa la" présente des faces cachées du formidable mouvement populaire de réappropriation civile, à plusieurs niveaux :
"An ba bwa la", c'est l'endroit où l'on abandonne les encombrants, où l'on soustrait du regard les choses qui nous embarrassent.
C'est un bric-à-brac ambigu d'objets disparates, de références croisées, mêlées, superposées, aux lectures multiples.
C'est là qu'on met les réthoriques qui se voilent la face, les non-dits populistes, les dommages collatéraux du mouvement social.
C'est une mise en scène du point de vue unique, de la vision partisane d'une réalité complexe (**).
C'est une vision violente et dramatique d'une société handicapée du sacrifice d'une part d'elle-même.
C'est un clin d'oeil à "Kreyol Factory", entre "usine à gaz" identitaire et outil de construction de la société créole (le mouvement du LKP est littéralement une "kreyol factory").

"An ba bwa la" pose aussi la question de la place de ma création artistique en Guadeloupe.


* Voir la crotte. "La merde va toujours du haut vers le bas. L'art, non !"

** Par exemple, que peut-on voir dans la scène de l'effigie humaine faite d'affiches de pub chiffonnées et scotchées ?
Un fétiche de la société de consommation, dont le harponnage par une lutte sociale multi-étendard permet aux fleurs de la Guadeloupe de refleurir ? Un enfant éxécuté pour l'exemple par un dogmatisme stalinien ou identitaire ? Le masque de l'identité africaine sur une jambe de bois ?

 
 
       
   
 
       
 
 
 
Le sol de la cour est recouvert de plaques d'aluminium, en faisant un grand miroir.
D'autres plaques peintes laissent apparaître des textes "de réflexions".
 
 
 
"Péyi an nou sé pli bel péyi ... nou ni"
Littéralement "notre pays c'est le plus beau"..."qu'on a"
 
"Ayen pé ké konm avan ... si dié vé"
"Rien ne sera plus comme avant"..."si Dieu veut"
 
"On sèl pèp, on sèl chimen, on sèl pyé"
"Un seul peuple, un seul chemin, un seul pied"
Pour avoir la devise de l'UPLG, remplacer "pyé" par "owganizasyon"
 
"Ki yo sé zot ?"
" Quel "eux" êtes-vous? " Yo = eux, ils, les autres
 
       
   
  Autoportrait avec Joêlle Ferly, organisatrice de l'évènement    
       
       
 
  photos Julie Chetaille & F.Piquet  
   
La volière

Installation réalisée en juin 2007 sur la friche industrielle de Darboussier, à Pointe-à-Pitre.

"Espaces délaissés, espaces intermédiaires de la ville", juin 2007,
évènement organisé par la Maison de l'Architecture de Guadeloupe dans le cadre du 2ème volet de "Regard sur la Ville".

Modèles réalisés par pliage à partir d'un carré de papier blanc, posés ou suspendus dans un bâtiment abritant une forêt calcinée (les restes de grands fûts incendiés), pour moitié à l'abri de la pluie.
Certains modèles ont donc dépéri au cours de l'exposition (qui avait été envisagée sur un mois initialement), comme prévu.

 

Ki bitin ?


Installation d'évocations, des souvenirs, des fantasmes, des fantômes, des âmes, des projections fragiles de créatures qui vieillissent et se dégradent au cours de temps, au gré des conditions, comme autant d'univers humains en suspens, flottant entre la vie et la mort, entre le magnifique et le pathétique, sur le fil...
       
   
   
   
   
       
   
     
   
La place du Boeuf

Installation réalisée en juin 2007 sur la friche industrielle de Darboussier, à Pointe-à-Pitre.

"Espaces délaissés, espaces intermédiaires de la ville", juin 2007,
évènement organisé par la Maison de l'Architecture de Guadeloupe dans le cadre du 2ème volet de "Regard sur la Ville".

 

Outre "Bèf chapé lizin", l'installation comportait une clotûre en cercle d'acier (cerclage de tonneaux), un "Tchyo" (pique-boeuf) réalisé en origami (à partir d'une feuille de papier blanc 120x120, modèle original conçu à cette occasion) et un panneau "à vendre".

Elle faisait face à une autre installation, "La Volière", située dans le même bâtiment et présentant une trentaine de drôles d'oiseaux réalisés en origami également.

Ki bitin ?

Je voulais au départ installer une évocation de taureau, de zébu, derrière une clotûre, dans une jungle miniature qui avait repoussé devant un mur en ruine peint en bleu ciel, pour figurer le souvenir collectif du Jardin d'Eden africain, abîmé, inaccessible.
Rebuté par l'idée d'utiliser des matériaux neufs, rapportés, artificiels, l'évidence du tressage de vieilles lamelles d'acier, destinées auparavent à la fabrication de tonneaux et abandonnées en tas rouillé dans un bâtiment, a surgi lors d'une rencontre avec Georges Rovelas.

Après avoir versé mon tribut de sueur et de peine à Darboussier pour lui donner forme, pou maré bèf an mwèn, j'ai réalisé combien l'épreuve de force était tangible et la sculpture (ma première !) chargée en émotions et significations.
Sa place n'était plus côté fantasmes, mais bien parmi les vivants, actuelle, au milieu du public dont elle partage une part d'histoire. N'est-ce pas la place de l'art ?

       
 
 
 
       
 
       
       
       


François Piquet, 25 chemin de la roche, Dubedou, 97118 Saint-François, Guadeloupe - (33)(0)590 47 08 94 - (33)(0)690 36 86 24
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